Le style Wado Ryu

Définition

Symbole du Wado Ryu

Il n'existe pas UN karaté qui soit LE karaté. En effet, le karaté est divisé en styles. Parmis les principaux styles on nommera le Shotokan, le Wado-Ryu, le Gojo-Ryu et le Shito-Ryu.

Décomposons le mot :

Le Wado-Ryu est donc l'école de la voie de la paix et de l'harmonie. Ce principe est très bien illustré par son symbole : le kanji (idéogramme) "wa" au coeur des ailes d'une colombe.

Katas

Les katas en Wado sont les suivants :

Pinan (Nidan, Shodan, Sandan, Yondan, Godan), Naihanchi, Kushanku, Bassai, Seishan, Jion, Jitte, Niseishi, Chinto, Rohei et Wanshu.

NB 1 : Bien que Nidan signifie "deuxième", en Wado Ryu, Pinan Nidan est étudié en premier. Il correspond au kata Heian Shodan en Shotokan.

NB 2 : Contrairement au Shotokan où les noms de kata ont été "japonisés" par Maître Funakoshi, l'école de Wado a conservé les appellations classiques provenant d'un mélange de chinois et de dialecte d'Okinawa.

Historique

Hironori Otsuka

Le Wado-Ryu a été fondé par Hironori Ôtsuka (1892-1982). Son art est né d'une fusion entre le karaté et le jûjutsu.

H. Ôtsuka rencontre un adepte de kendô nommé Y. Konishi qui suit une démarche parallèle et tente d'avancer dans la voie du karaté en y intégrant les acquis de sa pratique du kendô. C'est par l'intermédiaire de Y. Konishi que H. Ôtsuka rencontre en 1928 K. Mabuni qui vient d'arriver d'Okinawa. Pour H. Ôtsuka qui n'a pas pu effectuer de voyage de recherche à Okinawa, le savoir étendu de K. Mabuni est un révélateur qui fait avancer sa réflexion sur les kata.

En 1934, il ouvre un dôjô à Tôkyô. A coté de son travail de médecine traditionnelle, il commence à enseigner le karaté dans son dôjô et dans quelques clubs universitaires. En 1938, après l'attribution du titre de renshi (maître de troisième rang) par le Butoku-kai, il cesse d'exercer la médecine traditionnelle et se concentre sur le karaté. C'est alors qu'il adopte pour son école le nom de Wadô-Ryu, suivant en cela la suggestion de ses élèves. Quatre ans plus tard, en pleine période de guerre, il obtient le titre de kyôshi (maître de deuxième rang). Mais bientôt la pratique du karaté diminue, puis disparaît sous le fracas des bombardements. Les jeunes partent au service militaire, puis au front. Les morts sont innombrables.

Après la guerre qui a si profondément frappé le Japon, les écoles de karaté reprennent d'abord dans les clubs universitaires. H. Ôtsuka recommence son enseignement dans plusieurs universités. Il meurt en 1982 à l'âge de 90 ans.

Voir aussi : Tatsuo SUZUKI, élève de Hironori Ôtsuka, devenu un des grands maîtres du Wado-Ryu contemporain.

Particularités du Wado

Gichin Funakoshi

La façon de pratiquer les kata de l'école Wadô-ryû se situe à mi-chemin entre celle du Shôtôkan et celle de Shitô-ryû. Mais si on la compare aux courants de Shôtôkan dont le style a évolué en accentuant l'ampleur des gestes et la puissance, le Wadô-ryû paraît plus proche du Shitô-ryû. Cela se comprend tout à fait si l'on considère la manière dont cette école s'est formée.

Gichin Funakoshi (1868-1957), fondateur du Shotokan Karate. Les adeptes du Wadô-ryû qui sont nés avant 1920 ont souvent commencé le karaté avec G. Funakoshi et, pour eux, la différence avec l'école Shôtôkan est très faible. Les jeunes karatékas, habitués à l'opposition organique des écoles de karaté morderne, ont une impression curieuse lorsque les maîtres âgés qui sont garants de leurs écoles parlent de G. Funakoshi, fondateur du Shôtôkan, comme de leur propre maître. Cela s'explique parce que l'existence des écoles de karaté qui est pour certains karatékas une évidence est en fait une chose récente.

H. Ôtsuka a fixé les neuf kata de son école. Ce sont les cinq kata Pinan, plus Naifanchi, Kûshankû, Seishan et Chintô. Neuf kata pour une école, cela semble peu par rapport au Shitô-ryû qui en compte près d'une cinquantaine. Mais pour H. Ôtsuka, le nombre de kata n'avait aucune valeur. Il jugeait que les éléments techniques ke kata tels Bassaï, Jion, Jitte, Rohai, Wanshu, Nijushiho, Gojushiho, étaient tous contenus dans ces neuf kata et qu'en conséquence, ceux-ci suffisaient largement. Pour celui qui cherche la profondeur dans la pratique des kata, l'attitude de H. Ôtsuka est fondamentalement juste.

Aujourd'hui, sept kata ont été ajoutés par les successeurs de H. Ôtsuka et l'école Wadô-ryû enseigne seize kata. L'École Wadô-ryû s'est, comme le Shôtôkan, développée principalement dans la région de Tôkyô. Elle compte aujourd'hui également de nombreux adeptes en dehors du Japon. C'est une des quatre principales écoles du karaté moderne.

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